Qui sommes-nous ?

samedi 3 décembre 2016
par  Chantal
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L’association Chemins de mémoire sociale s’intéresse aux moments exemplaires de l’histoire sociale de notre société qui s’inscrivent dans des lieux de luttes, de souffrance, de répression et de révolte populaire. L’objectif est d’aller à la rencontre des témoins s’ils sont encore vivants, ou alors des porteurs de mémoire, afin de comprendre et de restituer ce qui s’est passé et se passe encore aujourd’hui.

En histoire, l’événement a une durée qui va bien au-delà de la simple temporalité des faits qui le constituent. Il a été chargé par des perceptions et des sensibilités qui se sont formées avant qu’il ne survienne et qui vont se transformer pendant et après.
Ainsi, en avril 2016, des membres de l’association Chemins de mémoire sociale visitent le Camp des Milles, un camp de rétention puis de déportation, ouvert en septembre 1939, au sein d’une tuilerie située entre Aix-en-Provence et Marseille. Redevenu ensuite une tuilerie dans laquelle on a « oublié ». Puis, après 30 ans de luttes d’un collectif, devient un lieu de mémoire qui non seulement parle de ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale mais fournit également des clés pour maintenir notre vigilance et réagir à temps face aux crispations identitaires et aux extrémismes. Preuve qu’un moment de l’histoire s’exerce sur la durée et génère une mémoire aux multiples facettes. C’est vers cette mémoire que nous marchons.

Comment ça marche ?

Concrètement, il s’agit pour l’association Chemins de mémoire sociale, en relation avec des acteurs locaux, porteurs et passeurs de mémoire, d’organiser et de participer à des visites dénommées Chemins qui peuvent durer de 1 à plusieurs jours. Mais aussi de mettre en place des débats et des rencontres entre plusieurs acteurs afin d’enrichir et de confronter les paroles.

Les chemins sont divers et variés (voir sur la plaquette de présentation), construits à l’initiative de membres de l’association. L’initiateur d’un projet le propose lors d’une assemblée générale et lorsqu’il est collectivement retenu, un groupe de préparation se constitue qui, pendant de longs mois, défriche le terrain, plonge dans les archives et les travaux d’historiens, contacte les acteurs, planifie les rencontres. L’élaboration d’un chemin nécessite la mise en place d’une logistique importante.

Cette plongée dans l’histoire sociale s’accompagne d’une découverte du patrimoine historique, culturel et naturel des lieux où se sont déroulés les événements. Chaque Chemin nous permet une approche sensible du paysage avec des déambulations en ville ou dans la nature, et parfois l’organisation d’événements qui font vivre la mémoire sociale des lieux arpentés (chansons, théâtre, soirées festives). La chanson tient une place importante et particulière dans l’action de l’association grâce à la présence de musiciens confirmés. En effet, les luttes ou les événements ont souvent généré des chants, qui fédéraient leurs acteurs et en ponctuaient les actions. Ainsi, lors du chemin sur les traces des Capitaines de la révolution portugaise, les membres de l’association ont chanté Grândola, Vila Morena dans la mairie de Santarem, ville de laquelle sont partis les Capitaines d’avril. Cette chanson, diffusée sur les ondes radio le 25 avril 1974, et qui annonçait le déclenchement de la Révolution des Œillets, symbolise à jamais pour tout un peuple cette révolution. Tous les Chemins font l’objet d’un carnet de chants en relation avec leur thème, qui sera partagé avec tous ceux qui nous accompagnent et interviennent.

D’où venons nous ?

Chemins de mémoire sociale est née en 2003 à Craonne dans l’Aisne, sur le Chemin des Dames, important site de mémoire de la Première Guerre mondiale. Ce dernier tient une place particulière dans l’histoire de l’association de par les événements liés aux combats et aux mutineries. Les membres de CMS y reviennent régulièrement. Le lieu comporte un parcours exemplaire invitant à interroger le paysage sous l’angle de l’histoire et de la mémoire. L’association y a beaucoup appris, en particulier de Noël Genteur, longtemps maire de Craonne et porteur-passeur exemplaire de la mémoire des combats et des hommes. L’association a fêté ses dix ans dans ce village, totalement détruit dès 1917, et reconstruit à côté de l’ancien, conservé comme lieu de mémoire.

Grâce à son bulletin Le Pigeon voyageur et son site CheminsDeMemoireSociale.asso.fr, l’association entretient le lien entre ses membres, analyse et conserve le souvenir de ses actions. C’est à travers ces outils que l’association communique avec les personnes externes, rencontrées au cours des chemins, ou qui viennent à sa rencontre.