Collioure

lundi 25 avril 2011
par  Chantal
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par Éric

Collioure

Je ne connais pas Machado.
Je ne le connais toujours pas, mais j’ai compris le sens qu’il pouvait avoir pour les Fils et Filles de l’exil.
Devant sa tombe, Serge nous lit deux poèmes. Soudain, plus de mots ; sa voix se tait pour laisser place à l’émotion, la vraie, celle qui dure depuis le début de son existence. Celle qui ne se taira jamais. Elle est en lui et il nous l’a léguée. Simplement. Humainement. Généreusement.

Sur la tombe de Machado - Photo de BarbraLes premières notes d’Andaluces de Jaen montent vers Machado et nous emplissent. Sans que je m’en aperçoive, des gens se regroupent autour de nous et écoutent ou chantent en chœur. Les paroles s’égrènent et la chanson s’achève doucement. Recueillement poignant, palpable.
Le silence…
Et le rêve…
Une voix, toute en tendresse, juste et claire, cristalline, chante les mots du poète. Une voix qui vient de loin et nous transperce, avant de nous emmener avec elle, derrière ses pas.
Juste la beauté. La noblesse de cette personne qui, sans se faire remarquer, s’est approchée. Et nous a confié ce cadeau. Le plus beau de ce chemin…
Je suis bouleversé, mais je ne peux partir, happé par cette voix. Envoûté.

Pourquoi ça s’arrête ?...
Pour que le temps fasse son œuvre et que notre mémoire transmette ce moment unique et inoubliable, certainement.
J’aurais voulu serrer cette dame dans mes bras et la remercier… Mais mes yeux étaient encore trop humides. Et Serge l’a fait. En Catalan.

Ce court instant a été vécu autour de Machado. S’il est capable, à travers sa vie et sa poésie, de véhiculer toute cette émotion, cette beauté, alors je veux connaître cet homme…